Partager l'article ! Transsiberien: Quelques mots de Cendrars envoyes par Geisha et Pierre avant d'embarquer a bord du transsiberien : "J'étais à ...
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Juya
| Mai 2012 | ||||||||||
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Quelques mots de Cendrars envoyes par Geisha et Pierre avant d'embarquer a bord du transsiberien :
"J'étais à seize mille lieux du lieu de ma naissance. J'étais à Moscou dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares. (...)
Je suis en route, j'ai toujours été en route. Le train fait un saut périlleux et retombe sur toutes ses roues."
Jeudi soir (5 juillet). Nous sommes pretes pour ce voyage que nous avons tant imagine. On nous a parle de Mafia russe, de vols, d'un trou pour tout toilette, de corps transpirants entasses les
uns sur les autres, de vodka coulant a flot.
Effervescence sur le quai, routards et autochtones cherchent leur train. Vladivostok, Saint-Petersbourg, Ulan-Bator...
Notre train entre en gare.
Arrivees dans notre compartiment, nous rencontrons nos deux colocs de voyage! Valera, armenien et Suhe, mongol.
A peine le train parti, nos deux bonhommes deballent leurs victuailles ; poisson, poulet, oignons, oeufs, specialites armeniennes, vodka, vodka, vodka...
Malgre leur insistance nous ne ferons que tremper les levres dans le verre de vodka au fond duquel nage un piment rouge!
La nuit sera longue.
Durant notre sommeil trois bouteillles sont videes. Meme apres le depart nocturne de Valera, nous entr'apercevrons d'un oeil un defile sans fin de personnes venant partager le festin de Suhe (la
matrone qui gere d' une main de fer son wagon polyglotte, une vieille femme russe et son tricot...).
Au petit matin Suhe s'endors enfin, des effluves de poissons, oeufs et poulet viennent nous reveiller!
La vodka fait son effet sur la photographe!
Quelques paysages...
Le lendemain, un dialogue s'instaure avec la petite fille Kazakh. Je te prends en photo, tu me prends... Celle-ci s'avere curieuse et espiegle.
Elle entreprend un reportage sur la vie du wagon. Par elle, une complicite nait avec toute la famille, avec qui la communication passe par les regards et les gestes.
Saltanat
Voici un echantillon de ses premieres oeuvres.
Mes parents
Suhe
Elle se munit egalement de notre camera pour son reportage a hauteur d'enfant.
Un soir nous apprenonsl'arrivee toute proche du Lac Baikal.
Pour ne pas le manquer et dans l'euphorie, nous l'attendons toute la nuit.
Le soleil se leve sur les montagnes enveloppees par la brume.
Soudain, au detour d'une montagne, une immensite d'eau vient rompre avec la taiga interminable.
Arrive au lac Baikal, nous voyons Suhe sortir precipitament. Quelques minutes plus tard il reapparait, sourire aux levres, brandissant un enorme poisson, specialite du lac Baikal dont il
nous parle depuis le debut du voyage.
Quelques portraits
Enfin nous arrivons a la frontiere. L'attente est interminable. Les wagons sont fouilles, nous remplissons des papiers que nous ne comprenons pas, nous attendons des heures dans nos cabines
surchauffees. Seule une petite escapade aux alentours de la douane nous donne un peu de repit.
Apres sept heures d'attentes nous repartons, nous sommes en Mongolie.
Au petit matin nous nous eveillons pour contempler les premiers paysages mongols. Nos livres de photos prennent vie. La vue des yourtes et des troupeaux de cheveaux provoque en nous une joie qui amuse et attendrie Suhe, heureux.
Arrives a Ulan-Bator le matin du 10 juillet, nous nous quittons avec nostalgie mais dans la perspective de se revoir bientot puisque Saltanat sera notre premiere "eleve".
Ce voyage avec toutes les surprises qu'il nous a reserve et les rencontres que nous y avons faites reste pour nous un moment fort.